RÉEL CRIMINEL – n° 6

Avant tout : notre critique est positive

Les médias binaires nourrissent l’idée simple que les ministres régaliens du moment (Intérieur, Justice) se suivent sans hésitation ni murmure ; toute critique relevant de la volonté de nuire – réflexe admissible quand l’intéressé fournit 100% de ce vous écrivez. Mais réaction fausse, car bien sûr certaines critiques sont positives – celles des hauts magistrats et des criminologues étant d’évidence parmi celles-ci.

Quiconque n’a même qu’effleuré le système éducatif sait que le maître notant mal son élève ne veut pas le détruire. Il cherche à le faire positivement réagir, la critique ouvrant la voie des bonnes notes et du succès scolaire.

Ainsi, le journaliste, le ministre, le magistrat et
le criminologue veulent au fond la même chose : une France paisible et sûre – là n’est vraiment pas le problème. Le problème, c’est l’ac tion du politique vers son objectif ; adéquation de ses propos à la réalité du terrain ; engage ments tenus ou pas ; mesure dans laquelle (Malherbe) « les fruits passeront la promesse des fleurs ». Or côté sécurité, les résultats de MM. Macron, Darmanin, etc. sont exécrables.

Ordre public et état de droit

Tous les Français ne sont pas docteurs en histoire, mais se savent, dans leur inconscient collectif, héritiers de la très longue histoire de France… Dès le XVIIe siècle, une administration tou jours renforcée depuis lors, travaille à main tenir l’ordre social et public ; elle suscite le consente ment à l’ordre et protège les Français. Cette administration – sa longue histoire, bien décrite dans deux ouvrages – porte le principe fondateur de notre organisation sociale ; au long cours, elle intervient en mille points de la société, règle, porte les symboles forts. Ce séculaire outil devait être financé mieux, rénové, rajeuni. Au lieu de quoi, les récents ministres de l’Inté rieur l’ont trahi, en ont fait une machine à camoufler et à mentir.

Deux obstacles majeurs

– Mesure du crime : l’Intérieur n’est plus crédible. En juillet 2024, le service statistique du ministère de l’Intérieur livre des données sur « la délinquance » du premier semestre ; affectées
par ce que le (respectueux) Figaro qualifie ironiquement de « corrections aux contours mystérieux ». Dans ce document, on lit ceci :
« Suite à un problème informatique, un nombre significa tif [?] d’infractions enregistrées par les services de la Police nationale du 20 mai au 1er juillet est absent à tort du système d’information statistique des forces de sécurité intérieure ».

Décodeur : sur 183 jours du 1er semestre, 42 manquent, soit 23 % du total – en 2024, année olympique durant laquelle la sécurité est scrutée comme le lait sur le feu. Est-ce sérieux ?

– Une justice exsangue – citons le procureur général près la Cour d’appel d’Aix-en-Provence : « On a la justice qu’on veut bien se payer. En 2024, elle représente 1,74 % du budget ».

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