DÉBUT 2023, quand j’écrivais mon livre « Jeffrey Epstein, l’âme damnée de la IIIe culture », des documents déjà publiés par la justice américaine et le FBI – sur lesquels j’ai surtout travaillé – fragilisaient l’hypothèse du suicide d’Epstein, la nuit du 9 au 10 août 2019. Dès l’époque, partant de faits criminalistiques (autopsie) et enquêtes du FBI, je formais ce diagnostic : suicide par pendaison improbable ; mort par strangulation, plausible.
Or désormais déclassifié, un rapport de 66 pages du FBI interdit d’imaginer une enfilade inouïe de cafouillages ; et oriente toujours plus la mort d’Epstein vers l’homicide.
I – AUTOPSIE D’EPSTEIN – Notons d’abord qu’il est détenu dans une maison d’arrêt fédérale, le Manhattan Correctional Center, MCC, soumis à un très strict règlement fédéral, où tout manquement est sévèrement sanctionné. Les documents légaux analysés émanent du ressort de la justice fédérale pour Manhattan et le Bronx « United States Attorney Office for the Southern District of New-York ». Là, déjà, une effarante bavure (?). Le certificat déclarant qu’Epstein, trouvé inconscient, est déclaré mort à 6h39 du matin, est signé, tamponné et daté du… 9 août, alors que le « suicide » est découvert… à l’aube du lendemain, 10 août.
Le Dr. Kristin Roman, (New York Medical Examiner Office) conduit l’autopsie. Sur le formulaire officiel, elle doit choisir entre trois cases : « en attente », « suicide » ou « homicide » ; elle coche d’abord « en attente » – mais opte pour « suicide », plusieurs jours après. Le Dr Roman ne visite pas la cellule, pourtant scène de crime ; ni ne parle au gardien ayant trouvé le corps gisant au sol. Elle forme sa « conviction » sur les photos alors prises ; au sol, divers noeuds coulants faits de lambeaux de draps orange ; mais, quand s’écrit cet article, on ignore toujours lequel aurait servi au « suicide » ; même ! L’heure exacte de la mort d’Epstein.
Au petit bonheur, un de ces noeuds coulants est décrit comme celui du suicide, mais le célèbre médecin légiste embauché par Mark Epstein, frère de Jeffrey, déclare ès-qualité que ce noeud ne correspond en rien aux blessures, au cou du « suicidé ». Enfin, après cette autopsie faite en son absence, la médecin- chef Barbara Simpson, supérieure hiérarchique de Mme Roman, tranche d’autorité pour le suicide.
2 – NUIT DU 9 AU 10 AOÛT – une vidéo couvrant l’accès au secteur spécial pour détenus suicidaires ou menacés (Special Housing Unit, SHU, où est Epstein) montre, la nuit du « suicide » à 22h 39, une ombre orange (couleur de la tenue des détenus…), or à l’époque, le ministre de la justice affirme plusieurs fois aux médias que nul n’a approché le SHU, ce soir-là.
3 – SURVEILLANCE D’EPSTEIN – La nuit du « suicide », le SHU est surveillé par deux seuls gardiens, Teva NOEL et Michael THOMAS. Leur bureau est à 4 mètres de la porte de la cellule d’Epstein ; tous deux doivent regarder par l’oeilleton de sa cellule chaque demi-heure, car il a déjà fait une tentative (bizarre) de suicide une semaine avant. Dès 2022, on sait que, la nuit du 9 au 10 août, ces deux fonctionnaires fédéraux assermentés ont laissé Epstein sans surveillance SIX HEURES durant et falsifié les registres à signer à chaque contrôle.
