DANS la « Société du spectacle » une « guerre informationnelle » prélude à tout conflit physique, de champ de bataille ; devant créer une panique médiatique telle que l’ennemi affolé capitule vite, le sol s’effondrant sous lui. Quand débute l’assaut Trump-Netanyahou sur l’Iran, un mois déjà, cette triomphaliste « guerre de l’information », bombarde les médias d’images de bâtiments ruinés et d’organigrammes aux photos d’en-haut barrées de sanglantes croix rouges, trompettant le wagnérien Götterdämmerung (Crépuscule des Dieux) de l’Iran islamique.

Sur place, les riches, chatoyantes mais si fragiles pétromonarchies de la rive sud du Golfe se laissent vendre – mais ont-elles le choix ? – cette urgente opération éclair…. L’étroite fenêtre de tir… Téhéran décapité… révolte populaire et le régime des mollah submergé, emporté, en quelques jours.

Or bien vite, la sidération s’installe car bien sûr, rien n’advient comme prévu. Du classique : voici un siècle et demi, le maréchal Helmuth von Moltke (l’ancien, son fils homonyme lui ayant plus tard succédé), patron du grand état-major prussien, soulignait que « Nul plan ne résiste au premier contact avec l’ennemi. »

Autre difficulté : ce que Moltke considérait comme un « plan » différait certes de la divagation médiatique du président Trump, à laquelle nul ne saisit rien ; pas plus qu’aux déclarations chaotiques et contradictoires de ses ministres.

Au passage, pensée compatissante pour la diplomatie de Washington, absolument marginalisée et ignorée dans la bagarre. Des professionnels aguerris et instruits des moeurs de la péninsule arabe, épouvantés par les conséquences, proches ou lointaines, d’une attaque irraisonnée d’un pays musulman en plein Ramadan. Pire encore, par l’annonce d’un rigolard Donald Trump que le prince héritier du royaume d’Arabie saoudite devrait pour survivre « lui lécher le c… » (Kiss my ass). Pas sûr qu’une élite bédouine aux réflexes encore féodaux prenne forcément bien l’outrance…

La suite était prévisible, tout lecteur du philosophe Clément Rosset sachant que « La réalité est insupportable, mais irrémédiable ». Ici, ce tournant du destin prend la forme d’une sentence – extraordinaire à plusieurs titres, exposée ci-après.

Les faits…

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