NUMBEO est un site mondial d’agrégation de données et statistiques, sur la vie sociale et économique (niveau de vie, santé, sécurité, etc.). Depuis 2012 il publie un index participatif sur la sécurité des métropoles. Certes, tout dispositif de comptage est critiquable, mais admissible à protocoles constants et s’il ne contient nul biais décelable sur tel pays, collectivité, etc. Voyons le dernier Numbeo, vaste index/ sondage des 20 villes d’Europe perçues comme les plus dangereuses. Bien sûr, n’y figurent que les infractions dites « de voie publique » : agressions, vols, etc.
Europe, au premier rang de l’insécurité, la France ; par ordre : Marseille, Grenoble, Montpellier, Nantes, Paris, Lyon, Nice. Deuxième, le Royaume-Uni (5 villes) ; 3e la Belgique (2 villes) ; Ensuite (une ville) Italie, Suède, Portugal, Irlande, etc.
Passons du « macro » au micro » : sur le terrain, l’ensemble criminel agrégé par notre base documentaire expose une sinistre évolution : en France, la vie sociale devient toujours plus impraticable ; même, ses dimensions basiques : sortir de chez soi faire ses courses… partir en vacances… cultiver son champ… jouer au foot… Aller à la piscine, l’été, etc.
Cela, banlieusards et ruraux le subissent le plus fort. Début juin, c’est la « Journée nationale de cohésion des territoires ». Goûtons au passage la nomination orwélienne d’une journée ainsi baptisée, quand jamais, le gouffre entre métropoles et France périphérique n’a été aussi profond. Passons : l’enquête alors menée par l’Ifop l’établit : de 2017 à 2025 les banlieusards approuvant les politiques- Macron tombent de 39% à 22% ; les ruraux, de 19 à 13%. Tous éprouvent une angoisse prioritaire : « la sécurité des personnes et des biens ».
Sur le terrain, à Béziers – et dans tant d’autres villes – « insécurité et angoisse dans un quartier calme… cambriolages à répétition… Des clientes ont peur d’aller à la messe ». Marseille, quartiers nord – idem pour toutes nos métropoles citées par Numbeo – des habitants des zones hors-contrôle (ZHC) « pris en étau entre narcotrafiquants et police ».
À Marseille 11e, dans la ZHC Bel-Ombre, « les habitants résistent aux dealers » – tout seuls, bien sûr. Pendant ce temps, l’énième préfète-sécurité, envoyée au casse-pipe comme celles d’avant, ânonne qu' »on ne lâchera rien » mais que quand même, « rien n’est simple ».
