EXCLUSIF – Tout expert réel doit parler « sans intention ultérieure ». Tenir son diagnostic hors de tout biais, préférence discrète ou sous-jacente antipathie. Quand le médecin annonce une sale maladie à un patient, ce n’est pas qu’il le déteste ; s’il l’aime, il n’énonce pas un rhume pour autant. Pour le diagnostic, le réel doit toujours prévaloir. C’est ainsi que l’auteur aurait aimé une fois, une seule, dire du bien de M. Darmanin… Le féliciter pour une de ses actions. Hélas ! Ce qu’il claironne est constamment désolant.
Passons d’abord sur le fait qu’il est Garde des sceaux, ministre d’une justice en perdition – faute de moyens, pas de qualités humaines – et use une part de son temps à des conclaves politiciens à usage strict de gloriole personnelle,
Passons ensuite sur le scandale que, sur 1000 euros de dépense publique, la justice n’en récolte que cinq, maigre obole pour la clé de voute de l’État de droit, faute de laquelle tout pays bascule à terme dans le chaos : loi du lynch ou talion,
Passons enfin sur la honteuse pratique de laisser la justice dans la misère, constante sous la Ve République depuis des décennies ; au long de quoi M. Darmanin approuva et vota ces régimes de famine.
Mais là.
Arrivant place Vendôme sans garantie de durée, que faire, songea l’intéressé, comme spectacle-Darmanin estival, en mode martial toujours (« Sur mes instructions »…), grâce à divers gogos-médiatiques (de droite, hélas) … Ah, le bon vieux temps du bagne… Idée ! En métropole certes, assemblons les caïds les plus nocifs du narcotrafic dans des prisons dites « de haute sécurité » ; isolons-y les cent plus dangereux de ces bandits. Pourquoi pas ?
Premier site choisi, la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais.
Bien sûr, des experts ès-topographie pénitentiaire effectuent des études préludant à l’implantation de tout lieu de détention. Or pour Vendin-le-Vieil, en 2007, l’avis de la commission fut radicalement défavorable, la prison n’y étant à la fin implantée que par courtisanerie d’un directeur d’administration centrale, envers son ministre. Pire : depuis 18 ans, NUL facteur défavorable alors dénoncé par ces experts n’a été corrigé.
Voyons cela …
