Naguère déconcentré entre petits groupes criminels, le narcotrafic français semble se centraliser et s’organiser autour des grandes bandes marseillaises. Le gang dit « Yoda » aurait ainsi essayé de s’installer à Rennes, après avoir pris pied dans le grand sud (Nîmes, Toulouse, Montpellier, Perpignan etc.). Est-ce une évolution naturelle ? Si oui, pourquoi ?

ATTENTION d’abord à ce qu’on croit savoir du crime organisé en France. D’usage, le citoyen éclairé tire sa connaissance du crime des médias d’information. Or depuis le sournois M. Cazeneuve ; désormais tant et plus sous MM. Darmanin et Retailleau, les journalistes spécialisés ont muté en serviteurs du service de presse du ministère de l’Intérieur. Jadis, on avait des « journalistes d’investigation » ; à présent c’est « police-justice », catégorie englobant les deux ministères d’où proviennent leurs consignes. Plus d’enquête : ils transmettent ou recopient. Donc attention aux récits sur « Yoda » ou « DZ Mafia » : ils recouvrent moins le réel de la scène criminelle marseillaise que l’incapacité de la police locale à mater les gangs en cause.

Cette impuissance provient de l’ignorance (policiers) ou du rejet idéologique (justice) des fondamentaux de la criminologie, dont celui-ci : les criminels ne s’arrêtent que quand on les arrête. On les laisse faire (pour l’essentiel) ? Ils prolifèrent et métastasent ; d’ailleurs, ils n’ont pas le choix : vie criminelle hors de prix… meute à nourrir : il faut toujours plus d’argent. Or comme tout commerce, le narcotrafic subit la loi des rendements décroissants, il leur faut s’étaler, se diversifier (dans le racket, le proxénétisme), etc. La criminologie enseigne ça ; mais comme désormais, la formation des commissaires de police s’approche de celle des assistantes sociales, ils peinent à faire les diagnostics criminels appropriés.

Les gangs français forment-ils aujourd’hui une mafia organisée comparable à ce qu’on peut trouver ailleurs en Europe, à l’image de l’Italie, des Pays-Bas ou de l’Irlande ?

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