Le cas du prince Andrew a déjà émergé. Quel prochain nom « puissant » serait-il sérieusement compromis par ces e-mails, et sur quels éléments concrets (dates, lieux, échanges) cela pourrait-il s’appuyer ? Que dire des « fuites » provoquées par les élus démocrates ?

D’abord, séparons l’écume médiatique du fonds réel de l’affaire ; fonds qu’il faut rappeler, sous peine de n’y rien comprendre. Profitant d’une fortune à centaines de millions – autre problème, que l’origine du magot et de son acquisition – un gravissime pervers détourne, vingt ans durant, sans nul obstacle sérieux, une multitude de mineures (comme dit le droit français) avec viols, subornations, intimidations et violences. Vingt ans ! Chacun de ces centaines, à coup sûr, de crimes, aurait dû valoir à Epstein des années de prison ; leur cumul (pour l’État de Floride) valait 45 ans de réclusion. Or le fait est qu’Epstein n’a jamais été sanctionné à hauteur de ses – littéralement – innombrables crimes.

Secundo, Ghislaine Maxwell, sa complice active de prédation, est, elle, condamnée pour trafic d’êtres humains. Un goitreux comprend que tout trafic rapproche un trafiqué d’un exploiteur – or là, jamais, nul des célébrités entourant Epstein, dénoncées par des dizaines de jeunes victimes, à tous niveaux des enquêtes, de la (modeste) police municipale de Palm Beach (Floride) jusqu’au FBI, à Washington ; d’un juge lambda à Miami, jusqu’aux plus hautes cours fédérales de New York (lieu où réside Epstein), n’a jamais été entendu, ni même inquiété si peu que ce soit. L’ex-Prince Andrew est dénoncé par des victimes, des avocats, des médias – jamais à ce jour par la justice des États-Unis ; idem pour les comparses d’Epstein, grands seigneurs politiques britanniques ou américains, président ou professeurs de Harvard, milliardaires de Wall Street. Jamais. Aucun.

Les e-mails publiés suggèrent que Donald Trump « Knew about the girls », dit un message. Jusqu’où pourrait aller la mise en cause d’un ancien président sur la base de ces échanges ? Quelle serait la frontière entre implication politique, responsabilité pénale ou de réputation ?

Donald Trump n’est pas un saint, mais le fait est que nulle présidence démocrate, ni sous Obama ni sous Biden, ne fit jamais à Epstein nulle peine, même légère ; naguère, le démocrate Bill Clinton a reçu Epstein DIX-SEPT fois à la Maison-Blanche en audience – fait inouï – et c’est sous le premier mandat de Trump qu’Epstein est – enfin ! – arrêté et incarcéré. Et tous les comparses d’Epstein sont dans la mouvance, sympathisants, du parti démocrate de New York ou des travaillistes (Londres). Nulle victime d’Epstein n’a pointé le doigt sur Trump non plus ; ni elles, ni leurs avocats.

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