RÉEL CRIMINEL – n° 7

– Violences aux personnes
– Atteintes aux biens
– Homicides

Violences aux personnes

• Le seul comptage réaliste

Le nombre d’homicides commis en France, au cours de ce dernier demi-siècle, obéit à une variable décisive : le facteur médical. La création et l’expérimentation de la médecine d’urgence – à partir des années 1970 – bouleversent en profondeur le destin des victimes.
Invention française promise à un succès mondial, les SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente) et les SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation), auxquels s’ajoute la médecine hospitalière d’urgence, se déploient en réseau national dès les années 1980.
Dès lors, les victimes d’attentats, de fusillades, de lynchages ou de coups et blessures potentiellement mortels, sont, du lieu du crime au lit d’hôpital, sauvées dans 7 cas sur 10 – contre seulement 3 sur 10 auparavant.
Rappelons qu’en 1960, lorsqu’un individu était poignardé ou criblé de balles dans la rue ou dans un lieu privé, l’intervention de Police-secours demeurait aléatoire. À bord du fourgon, ni personnel médical qualifié, ni matériel spécialisé : 7 victimes sur 10 succombaient avant même d’avoir atteint l’hôpital.
Avec la généralisation du binôme SAMU-SMUR, chaque année, des centaines de morts potentielles se transforment en blessés – plus ou moins graves – et passent, dans les statistiques, de la colonne des « homicides » à celle des « tentatives d’homicide ».
Ainsi, dès la fin des années 1980, le nombre d’homicides recensés en France s’effondre, tandis que, par un effet de vases communicants, le nombre des tentatives augmente mécaniquement.

Sur les trois dernières décennies du XXᵉ siècle (1970-2000), le total homicides + tentatives révèle une explosion du risque mortel : +113 %.
Nouvelle preuve, s’il en fallait, de l’absurdité du discours sur le « sentiment d’insécurité » : quand un péril mortel bondit de plus de cent pour cent en trente ans, il ne s’agit plus d’un « sentiment », mais d’une sinistre réalité.

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