1984-2014, trente ans de tueries de masse aux Etats-Unis
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Elliot Rodger avait 22 ans et la tête du fils de votre voisin de palier. Plutôt joli garçon, timide et bien élevé, il étudiait au Santa Barbara City College, dans cette paradisiaque Californie du sud toujours nimbée de soleil. Or le 23 mai 2014, Rodger poignarde à mort ses trois voisins de cité universitaire, puis sillonne Santa Barbara en voiture, tirant sur les passants – d’abord, sur les jeunes femmes. Il se loge enfin une balle dans la tête. Bilan du massacre : 6 morts, 13 blessés. Dans sa voiture, deux pistolets automatiques 9mm, un Glock, un Sig Sauer et dix chargeurs pleins – le tout acquis légalement.

Fils d’un producteur d’Hollywood, Elliot Rodger a tout pour être heureux : vols en première classe, BMW personnelle, accès à volonté à des concerts privés, etc.
Mais de longue date, le jeune eurasien brûle sourdement d’une folle rage intérieure. Solitaire, rejeté, frustré par l’indifférence féminine, la vue des couples enlacés sur les plages de Santa Barbara le torture toujours plus. Dans sa confession, il se déplore « puceau à 22 ans ».
Pour en finir, Rodger bricole son petit « crépuscule des dieux » personnel. Et prend tout le temps d’en imaginer et exécuter le scénario, partant d’indiscutables « références » :
– Comme le Norvégien Anders Breivik, il écrit un manifeste long de 141 pages. Il y crie sa rage, ses frustrations, sa haine des dragueurs multipliant les conquêtes, son envie de mort.
– Comme les jihadis, il réalise sa vidéo-testament. « Demain, conclut-il – ce sera vraiment le lendemain – je me vengerai de l’humanité, de vous tous ».
– Comme les gangsters de Los Angeles, la métropole voisine, il pratique le « driveby shooting », longeant les trottoirs et flinguant les passants à la volée. Certes, ses voisins le trouvent bizarre et ses condisciples, un peu fêlé. Même ses propres parents (divorcés) le jugent inquiétant – au point de dénoncer leur rejeton à la police locale, un mois avant le drame. Mais, venus entendre Rodger junior, les policiers l’estiment équilibré et maître de lui. Ils repartent en s’excusant presque.

Au moment d’écrire cette étude, telle est la dernière tuerie de masse aux Etats- Unis, pays qui a vu naître cette sanglante pratique. Et qui, avec horreur, la voit aujourd’hui proliférer.

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