Les activités clandestines du KAG
 
Au service du FPLP, le KAG effectue des missions de renseignement, d'appui logistique matériel et financier, mais, c'est à signaler, aucune action terroriste, à notre connaissance tout du moins.
Le "travail antisioniste" et la collecte de renseignement
 
Bo Weimann, de son métier archiviste à la Bibliothèque royale danoise, dirige pendant près d'une décennie un groupe "renseignement" qui s'intéresse tout particulièrement à la communauté juive du Danemark :
 
. Constitution de listes de juifs danois, ou de Danois favorables à Israël (327 noms, adresses, téléphones et éléments socio-professionnels); un fichier tenu à jour jusqu'en 1988,
 
. Fichage de sociétés commerciales liées à Israël, notamment celles qui interviennent sur les marchés d'armement,
 
. Surveillance physique d'individus, juifs ou autres (190 personnes "environnées" entre 1980 et 88).
 
C'est ce groupe, enfin, qui se charge de louer des appartements (12 entre 80 et 88, dont 9 sont utilisés comme "planques") et des véhicules, à partir de documents d'identité falsifiés.
 
Les hold-up
 
Le premier est commis en mars 1983 à Lyngby, et rapporte 8,3 millions de couronnes danoises (CD); d'autres suivent en décembre 1985 (la poste de Herlev, 1,5 M. de CD) en 1986 (attaque d'un transporteur de fonds de la Amagerbank, date et montant non connu de nous; décembre : caisse du grand magasin Daells Warehus, 8 M. de CD) et en novembre 1988, enfin (poste de la Kobmagergade à Copenhague, 13 M de CD). Au cours de ce dernier hold-up, un policier porteur de fonds de la Amagerbank, date et montant non connu de nous; décembre : caisse du grand magasin Daells Warehus, 8 M. de CD) et en novembre 1988, enfin (poste de la Kobmagergade à Copenhague, 13 M de CD). Au cours de ce dernier holdup, un policier de 22 ans, Jesper Egtved Hansen est abattu par lun dei; membres du commando pour couvrir sa fuite. Au total, ces hold-up rapportent au KAG la somme de 28 millions de CD (±23 millions de FF.) la plus grande partie de cette somme étant rétrocédée au FPLP.
 
Les caches d'armes
 
Pillages d'arsenaux, constitution d'une cache centrale à Copenhague et d'autres, plus petites, dans trois pays d'Europe occidentale : ces actions sont décidées par le FPLP, a son profit et exécutées par les militants du KAG. Lors du procès, les accusés danois prétendent que ces armes étaient a disposition du chef militaire du FPLP, connu sous le nom "d'Abou Fahd", qu'elles étaient destinées à être convoyées au Proche-orient et utilisées par le FPLP pour ses opérations de guerillas: c'est douteux. Comme le KAG ne les destinait pas au lancement d'une guérilla urbaine locale, on pense que ces armes devaient rester en Europe et servir au Département international du FPLP, en cas d'une éventuelle campagne terroriste sur notre continent.
 
Les armes proviennent du pillage de deux arsenaux de l'armée suédoise, celui de Flen en novembre 1982 et de Jarna, en novembre 1986; ce dernier est dynamité après la "visite" afin que le vol ne soit pas remarque. Stockes d'abord dans des appartements de Copenhague, dont celui de Blekingegade, armes, munitions et explosifs sont ensuite répartis en Europe:
 
- Cache française : dans la foret de Fontainebleau, au lieudit "Plaine de Baudelut"; deux valises enterrées qui
 
contiennent 39,6kg d'explosif, des cartouches de pentrite de même provenance que celles de Blekingegade (Bofors, Suède, 1950); 10 grenades à main avec détonateur, 9,7 ni de cordon détonnant et 18 détonateurs électriques. Elle a été constituée par l'un des dirigeants de l' Union générale des étudiants palestiniens en France, adhérent du FPLP. La découverte de la cache le 17 septembre 1986, largement couverte par la presse, alerte sans doute le FPLP, puisque les autres seront trouvées vides,
 
- Cache autrichienne: dans une forêt proche de Magersdorf, à 40 km au nordouest de Vienne,
 
- Cache suisse : dans la forêt de Kleinandelfinger, à 38 km au sud-est de Zürich.
 
Motif d'inquiétude pour les polices d'Europe: en comparant ce qui a été récupéré au Danemark, dans la forêt de Fontainebleau à ce qui a été vole en Suède, on constate que manquent a l'appel:
 
- 6 lance-roquettes Miniman (34 volés 28 retrouvés)
 
- Une valise de pistolets-mitrailleurs,
 
- 78 grenades à main,
 
- ±40 k d'explosif type plastic.
 
L'opération "Good Caesar"
 
Il s'agit du projet d'enlèvement, jamais réalisé, de Jörn Rausing, fils de Gad Rausing, PDG suédois de Tetrapak dont la fortune est estimée a ± 5 milliards de dollars, par les militants du KAG. Jörn Rausing, étudiant à l'Universite de Lund, au sud de la Suède, au milieu des années 80, devait être enlevé le 7 janvier 1985, caché dans un chalet loué en décembre 1984 a Droben, bourgade norvégienne proche d'Oslo et échangé contre une rançon de 25 millions de dollars. Cette somme devait alors être remise au ProcheOrient, en deutschmarks, francs suisses, gulden hollandais et dollars, à un intermédiaire du FPLP dont le nom de code était "Good Caesar".
 
L'affaire avait été commanditée et financée par le FPLP (±250 000 couronnes danoises); elle ne s'est finalement pas faite au moment prévu par suite des scrupules moraux des militants du KAG, plus a l'aise dans l'appui logistique que dans une opération pouvant s'achever par l'élimination du kidnappé. Un plan de campagne très détaillé est retrouvé à Blekingegade : notes très précises concernant toute la famille Rausing, plans, distribution des rôles, photographies, 40 heures de vidéo sur la maison de Jörn Rausing et ses environs, à Lund. Les appels téléphoniques à Rausing père, pour engager la négociation, devaient être passés depuis Hambourg, Zürich, Amsterdam, Lausanne et Strasbourg. Dans le cahier du plan, apparaissent les noms d'Abou Ali Mustafa, Tayssir Qoba'h et de Marwan al-Fahoum qui organisent des réunions de planification avec des militants du KAG en novembre 1984, à Damas, puis en décembre à Alger (Marwan al-Fahoum, Niels Jorgensen et Karsten MöllerHansen).
 
Furieux du refus des camarades du KAG de passer à l'action, Marwan al-Fahouin tente de les convaincre au cours de deux réunions, à Chypre (Niels Jörgensen et Bo Weimann) les 2 et 3 mars 1985, puis a Berlin-Est le Il mai 1985; malgré cela, le KAG tergiverse et n'entreprendra rien. Cette insistance vaudra a al-Fahoum -qui a l'époque, coïncidence encore, résidait à Lund avec son épouse suédoise, originaire de cette ville - d'être inculpé en novembre 1990 de tentative d'enlèvement par un tribunal danois.
 
Dans le même dossier de Blekingegade, figuraient des dossiers très détailles (impôts, comptes en banques, activités et habitudes, frasques extra-conjugales, etc.) sur 27 familles fortunées du nord de l'Europe, dont 7 suédoises et les plans préliminaires d'enlèvement d'un industriel allemand et d'un milliardaire norvégien.
 
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